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Le Centre Monétaire Interbancaire dégage un bénéfice historique

monnaie-electronique[1]

Le Centre Monétique Interbancaire (CMI) se transforme en machine à cash. En effet, cette plateforme commune au système bancaire qui assure l’interopérabilité des retraits interbancaires entre les banques marocaines et gère pour le compte de celles-ci la relation technique et commerciale avec les commerçants (activité Acceptant), a réalisé un bénéfice historique de 83,6 millions de DH record au titre de 2016 (une performance qui n’a fait l’objet d’aucun communiqué). Il faut dire que l’année 2016 a été un excellent millésime pour le CMI avec une hausse de 8,8% du nombre de cartes bancaires en circulation (soit un total de 12,9 millions de cartes) et des volumes de paiement qui ont enregistré, entre paiements et retraits, près de 295 millions d’opérations pour un montant de 242,6 milliards de DH.

Toutefois, avec une progression des bénéfices (+43%) de loin plus vigoureuse que celle de l’activité (+17,3%) et une rentabilité des fonds propres qui pointe à plus de 40% (quand les meilleures banques sont, elles, entre 15% et 20%), les marges plantureuses du CMI ne font pas que des heureux. Certes, les actionnaires se frottent annuellement les mains en empochant des dividendes généreux (78,5 millions de DH au titre de 2016 !), mais quid des clients qui paient des commissions, parfois jugées exorbitantes, pour leurs opérations monétiques ? Est-il normal qu’un établissement ayant le quasi-monopole d’une activité devenue de plus en plus incontournable (les paiements par cartes progressent de façon galopante) dispose d’un « pricing power » aussi élevé au point de devenir plus rentable que des géants de la technologie et du marketing que sont Apple ou Microsoft ? Quand on sait que des petits commerçants se voient ponctionner jusqu’à 4% sur ses ventes effectuées par carte bancaire (au point où certains accordent un discount sur les ventes réglées cash !) ou qu’un porteur de carte paie 6 DH pour un retrait de 200 DH dans un GAB d’une autre banque que la sienne, il est légitime d’en douter. Mais, tant qu’ils ne seront pas bousculés par la concurrence, du moins pour l’activité Acceptant, ceux qui se partagent le gâteau de la monétique au Maroc n’ont aucune raison pour revoir à la baisse leurs tarifs.

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